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À l’aube de la phase 2 du plan d’infrastructure fédéral (22/11/2016)

Cet article a été publié dans le journal The Hill Times le lundi 21 novembre 2016.

Cette année promet d'être marquante pour le partenariat fédéral-municipal. Le gouvernement fédéral a mis sur pied un plan ambitieux pour bâtir le Canada de demain en investissant dans les infrastructures municipales. Dans son récent énoncé économique de l'automne, il a pris des mesures qui confirment son engagement de stimuler la croissance économique du pays en renforçant les villes et les collectivités. Maintenant, il faut que tous les ordres de gouvernement du Canada s'attaquent ensemble à la tâche pour profiter de cette occasion remarquable d'améliorer notre qualité de vie.

Cette semaine, en tant que président de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), j'aurai l'honneur de diriger une délégation de près d'une centaine d'élus municipaux sur la colline du Parlement. Du 22 au 25 novembre, plus de 150 rencontres s'y dérouleront entre élus municipaux et fédéraux. Nous démontrerons comment les collectivités locales peuvent garantir que la phase 2 du plan d'infrastructure fédéral réponde aux attentes élevées des Canadiens.

Les municipalités sont déjà responsables de 60 % des réseaux de transport, des infrastructures d'eau, des installations de loisir et des autres infrastructures publiques qui soutiennent notre économie et notre qualité de vie. Nous interagissons directement avec nos populations et nos industries pour déterminer l'utilisation des terres et l'aménagement urbain. Nous assurons aussi de plus en plus de services publics essentiels, nous concevons des solutions pour le logement et nous combattons la criminalité et les catastrophes naturelles pour protéger nos collectivités.

Municipalités rurales ou urbaines, grandes ou petites, notre but est partout le même : bâtir les collectivités fortes dont le Canada a besoin pour soutenir les familles et attirer les talents et les investissements. Et nous sommes prêts à en faire encore plus, parce que miser sur les municipalités, c'est miser sur notre pays.

Par exemple, je sais que bien des villes ont des plans d'expansion de transports collectifs prêts à mettre en chantier. Si elles peuvent compter sur des fonds prévisibles à la phase 2, elles pourront aller de l'avant et ainsi aider leurs citoyens à se déplacer plus rapidement. Du coup, elles réduiront les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada et récupéreront une partie de la productivité perdue à cause des embouteillages. Cet exemple illustre parfaitement comment les solutions locales permettent de surmonter les grands défis nationaux. Et je pourrais en donner bien d'autres !

La semaine dernière, lors de la conférence COP22 sur le climat à Marrakech, au Maroc, les délégués de la FCM ont fait découvrir aux représentants mondiaux certaines des pratiques écologiques exemplaires en usage dans nos municipalités canadiennes, comme le chauffage communautaire, les améliorations écoénergétiques de bâtiments et la gestion des déchets solides à émissions de GES presque nulles. Une grande partie des émissions de GES du Canada peut être éliminée en reproduisant ces pratiques à grande échelle — et cela peut être fait à la phase 2.

À la veille de la Journée nationale de l'habitation, un million et demi de familles canadiennes n'ont pas encore trouvé de logement convenable à un loyer raisonnable. Un locataire sur cinq dépense plus de la moitié de son revenu en frais de logement. Cette crise du logement menace les fondements mêmes des collectivités fortes et inclusives que nous cherchons à bâtir. Le mois dernier, la FCM a présenté un plan global pour renverser la vapeur. Maintenant, nous nous appliquons à faire valoir que la conception de la phase 2 sera capitale pour parvenir à cet objectif.

Bien conçue, la phase 2 apportera des transformations profondes pour les Canadiens. Mais pour en tirer tout le potentiel, il faudra rapidement prendre des décisions courageuses. Pour commencer, il faudra raffermir le partenariat qui existe déjà entre le gouvernement fédéral et les municipalités.

Si les gouvernements qui se sont succédé ont chargé les municipalités de choisir et de réaliser les projets d'infrastructure, c'est qu'ils savaient qu'ils pouvaient nous faire confiance. L'expertise que nous avons développée dans l'évaluation des besoins et la consultation à l'échelle locale est incomparable. La population exige des résultats efficaces, et elle exige que nous lui en rendions compte directement. Cette semaine, la FCM présente des recommandations urgentes pour que la phase 2 soit conçue sur la base de ces valeurs.

Pour commencer, il faut qu'une grande partie des investissements soit faite sous forme d'affectations prévisibles de longue durée. De cette façon, les municipalités pourront planifier, tirer parti du savoir-faire local et faire avancer les projets rentables.

Deuxièmement, il faut « moderniser » le partage des coûts pour que le manque de moyens financiers des municipalités ne paralyse pas les progrès. Le gouvernement fédéral doit donc continuer de couvrir 50 % des coûts d'immobilisations comme à la phase 1, et les provinces doivent fournir leur part habituelle du tiers.

Troisièmement, il faut s'engager énergiquement à consacrer une grande partie du Fonds de l'infrastructure sociale aux solutions pour le logement abordable. Une occasion exceptionnelle de s'attaquer à la crise du logement s'offre au Canada — et la vigueur de nos collectivités en dépend.

Nous avons formulé une quatrième recommandation pour que les collectivités de toutes tailles profitent de la phase 2. Nous avons donc été très encouragés ce mois-ci par la décision du gouvernement fédéral de consacrer 2 milliards de dollars aux infrastructures rurales, nordiques et éloignées. Il s'agit d'un grand pas en avant. Ces fonds amélioreront le sort des millions de Canadiens de municipalités rurales absolument essentielles à la santé économique du Canada de demain.

Cette semaine, les élus municipaux rencontreront des ministres et des parlementaires de toutes couleurs politiques. Le renforcement des collectivités est un objectif auquel tous peuvent se rallier, par-delà les lignes de parti. Si tous s'engagent pour cet objectif, nous pourrons bâtir un Canada meilleur, d'un océan à l'autre.

Clark Somerville est président de la Fédération canadienne des municipalités et un conseiller municipal et régional de Halton Hills et de la Région d'Halton, respectivement. La FCM est la voix nationale des gouvernements locaux. Elle compte près de 2 000 membres représentant 90 % de la population canadienne.

Mise à jour : 22/11/2016